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Dépression Post-Partum et Jumeaux : « J’étais Devenue un Robot » – Témoignage de Lydie

À 27 ans, Lydie apprend qu’elle attend des jumelles. Il y a la joie et les projections, mais aussi une grossesse plus surveillée, des rendez-vous répétés et une inquiétude qui s’installe progressivement.

Après la naissance, elle s’occupe de ses filles. Elle donne les repas, change les couches et fait ce qu’il faut. Pourtant, intérieurement, quelque chose semble s’être éteint.

« J’étais devenue un robot. »

Ce témoignage aborde la dépression post-partum après la naissance de jumelles. Il ne permet pas de poser un diagnostic et ne remplace pas un avis médical ou psychologique. Il peut cependant aider à mettre des mots sur certaines sensations et à rappeler une chose essentielle : vous n’avez pas à rester seule avec ce que vous traversez.


🩺 Si vous vous sentez en danger

Si vous avez des pensées de vous faire du mal, si vous avez peur de faire du mal à vos bébés ou si vous sentez que vous pourriez passer à l’acte, ne restez pas seule.

  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de danger immédiat.
  • Appelez le 3114 en cas d’idées suicidaires.
  • Contactez votre maternité, votre sage-femme, votre médecin ou les urgences.
  • Si possible, demandez à un adulte de confiance de venir immédiatement auprès de vous et des bébés.


🎧 Ce témoignage est tiré d’un épisode du podcast Couches, Cafés et Confidences.

Écouter le témoignage complet de Lydie sur Spotify

Quels signes peuvent faire penser à une dépression post-partum ?

Une dépression post-partum peut se manifester par une tristesse ou une anxiété persistante, une sensation de vide, une perte de plaisir, une culpabilité intense, une difficulté à créer du lien avec ses bébés ou l’impression de fonctionner mécaniquement. Les signes et leur intensité varient. Si votre souffrance dure, s’aggrave ou vous inquiète, demandez rapidement l’avis d’un professionnel de santé.

Pendant la grossesse : une inquiétude qui s’installe

Lorsque Lydie apprend qu’elle attend des jumelles, plusieurs émotions se mélangent. Elle est heureuse, mais elle mesure aussi ce que représente l’arrivée de deux bébés.

Sa grossesse nécessite une surveillance rapprochée. Les jumelles partagent un placenta, ce qui implique davantage d’échographies, de contrôles et de périodes d’attente.

Au fil des rendez-vous, l’anxiété s’installe comme un bruit de fond. Lydie espère être rassurée, mais certaines consultations apportent aussi de nouvelles questions.

Cette période compte dans son histoire. La souffrance ne commence pas brutalement après l’accouchement : elle se construit progressivement, sur un terrain déjà marqué par l’inquiétude et la vigilance.

Après la naissance : assurer les gestes sans se sentir présente

Après l’accouchement, Lydie rentre chez elle avec ses deux filles.

Il y a de l’amour et la rencontre avec les bébés. Il y a également les nuits hachées, les pleurs, les repas rapprochés, les changes et l’impression de ne jamais répondre aux deux besoins simultanément.

Les proches voient surtout les jumelles. Ils félicitent les parents et les encouragent à profiter. Pourtant, peu de personnes perçoivent l’épuisement qui s’installe.

Au début, Lydie pense que ce qu’elle ressent est normal. Après tout, elle vient d’accueillir deux nouveau-nés. Elle s’attend à être fatiguée, à pleurer et à douter.

Avec le temps, elle comprend que ce n’est pas seulement de la fatigue. Elle continue à assurer les gestes du quotidien, mais ne ressent plus de plaisir ni de véritable connexion. Elle décrit une sensation de vide et de fonctionnement automatique.

Ce décalage peut être particulièrement difficile à exprimer : extérieurement, le parent semble tenir. Intérieurement, tout devient lourd ou lointain.

Le moment où Lydie comprend qu’elle a besoin d’aide

Certains signes finissent par l’alerter :

  • une distance émotionnelle importante ;
  • une absence de plaisir ;
  • une fatigue persistante ;
  • des pensées très dures envers elle-même ;
  • l’impression d’être une mauvaise mère ;
  • la sensation de ne plus être vraiment présente.

Un matin, en regardant ses filles, Lydie réalise qu’elle ne ressent plus ce qu’elle pensait devoir ressentir. Cette prise de conscience lui fait peur, mais elle marque aussi le début d’un chemin vers l’aide.

La difficulté à se sentir proche de ses bébés ne signifie pas qu’elle ne les aime pas. Elle témoigne ici d’une souffrance qui mérite d’être entendue et accompagnée.

Baby blues ou dépression post-partum ?

Après une naissance, de nombreuses mères traversent une période de grande sensibilité. Le corps récupère, le sommeil manque et les émotions peuvent changer rapidement.

Le baby blues apparaît généralement dans les premiers jours. Il peut s’accompagner de pleurs, d’irritabilité, de doutes ou d’une sensation d’être submergée. Il est souvent transitoire.

La dépression post-partum peut apparaître dans les semaines ou les mois suivant la naissance. La souffrance dure, s’intensifie ou rend le quotidien particulièrement difficile.

Parmi les signes possibles :

  • tristesse ou anxiété persistante ;
  • sensation de vide ;
  • perte de plaisir ;
  • culpabilité très forte ;
  • difficulté à créer du lien avec les bébés ;
  • impression de fonctionner comme un robot ;
  • pensées intrusives ou effrayantes ;
  • envie de disparaître ;
  • pensées de se faire du mal ou de faire du mal aux bébés.

Une liste ne permet pas de poser un diagnostic. La durée, l’intensité, les répercussions sur le quotidien et ce que vous ressentez doivent être évalués par un professionnel.

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’aller « suffisamment mal » pour demander un avis.

Demander de l’aide malgré la honte

Pour Lydie, la demande d’aide n’est pas immédiate. Elle culpabilise et craint d’être jugée. Une pensée revient : d’autres parents y arrivent, alors pourquoi pas elle ?

Reconnaître qu’elle ne peut pas continuer seule lui demande du courage. Elle finit par consulter une psychologue spécialisée en périnatalité.

Cet accompagnement lui permet de mettre des mots sur son vécu, de parler de la culpabilité et du détachement, puis de retrouver progressivement du lien avec ses filles.

Le chemin ne se fait pas en une seule consultation. Il commence néanmoins par une phrase simple :

« Je ne vais pas bien. J’ai besoin d’aide. »

Ce qui a aidé Lydie à aller progressivement mieux

Sa reconstruction ne repose pas sur une solution unique. Plusieurs soutiens se complètent.

Un accompagnement psychologique

Le suivi lui offre un espace où elle peut parler sans devoir sourire, minimiser ou justifier ce qu’elle ressent.

Elle peut évoquer l’épuisement, la distance émotionnelle, la peur d’être une mauvaise mère et les pensées qui lui font honte.

Des relais concrets

La santé mentale ne peut pas reposer uniquement sur la volonté.

Lydie a besoin de dormir, de manger et de ne plus porter seule les repas, les nuits, la maison et toute l’organisation. Des relais se mettent progressivement en place :

  • aide pour les repas ;
  • soutien pour les tâches domestiques ;
  • partage de certains réveils ;
  • temps de repos protégé ;
  • présence d’un proche aux moments les plus difficiles.

Le soutien émotionnel compte. L’aide pratique compte également.

Moins de pression autour de la mère parfaite

Lydie apprend à s’éloigner de l’image d’une mère qui profiterait de chaque seconde, saurait toujours quoi faire et ne s’énerverait jamais.

Elle comprend que ses filles n’ont pas besoin d’une mère parfaite. Elles ont besoin d’une mère soutenue et accompagnée.

Des échanges avec d’autres parents

Entendre d’autres parents raconter qu’ils ont aussi trouvé le post-partum difficile contribue à rompre l’isolement.

Il ne s’agit pas de comparer les situations ni de chercher une méthode universelle. Il s’agit de découvrir que la souffrance n’est pas une faute personnelle et que demander de l’aide n’est pas un échec.

Que faire si vous vous reconnaissez dans ce témoignage ?

Vous n’avez pas besoin d’expliquer parfaitement ce que vous traversez pour mériter de l’aide.

Vous pouvez commencer par dire :

  • « Je ne vais pas bien. »
  • « Je ne me reconnais plus. »
  • « J’ai besoin que quelqu’un vienne. »
  • « J’ai peur de ce que je ressens. »
  • « J’ai besoin de parler à un professionnel. »

Vous pouvez contacter :

  • votre sage-femme ;
  • votre médecin traitant ;
  • votre maternité ;
  • la PMI ;
  • un·e psychologue formé·e à la périnatalité ;
  • les urgences si vous vous sentez en danger.

Si vous avez peur de rester seule avec vos bébés, demandez à un adulte de confiance de venir sans attendre.

📞 Commencez par en parler

Vous pouvez transmettre cet article à une personne de confiance ou lui envoyer une phrase très simple : « Je me reconnais dans certains passages et j’ai besoin que tu m’aides à contacter un professionnel. »

Vous n’avez pas à attendre que la situation passe toute seule.

Quelle peut être la place d’une doula ?

Une doula peut offrir un espace d’écoute, vous aider à clarifier vos besoins et organiser des relais autour de vous.

Elle peut notamment vous accompagner pour identifier :

  • ce qui vous épuise le plus actuellement ;
  • les tâches qui peuvent être déléguées ;
  • les visites à limiter ;
  • les proches qui peuvent venir ;
  • les professionnel·les à contacter ;
  • les ajustements concrets pour protéger un peu de repos.

En revanche, une doula ne diagnostique pas et ne soigne pas une dépression post-partum. Elle ne remplace ni une sage-femme, ni un médecin, ni un·e psychologue, ni la maternité ou les urgences.

En cas de souffrance psychique importante, d’idées noires, de pensées de passage à l’acte ou de danger, le premier relais doit être médical ou psychologique.

Retrouver progressivement du lien et de l’espoir

Dans son témoignage, Lydie raconte qu’avec un suivi adapté, du temps et davantage de soutien, elle va progressivement mieux.

Elle retrouve des moments de tendresse, des sourires et des instants où elle se sent à nouveau présente auprès de ses filles. Tout ne devient pas facile du jour au lendemain, mais elle n’est plus seule avec ce qu’elle traverse.

Son histoire rappelle plusieurs vérités importantes :

  • vous pouvez aimer vos bébés et aller mal ;
  • vous pouvez vous occuper d’eux et avoir besoin d’aide ;
  • vous pouvez être reconnaissante et épuisée ;
  • vous pouvez être une bonne mère et traverser une dépression post-partum.

Ces réalités ne s’annulent pas.

La dépression post-partum se soigne. La honte isole. Une prise en charge adaptée peut ouvrir un chemin vers le mieux-être.

Ressources utiles

Un accompagnement doula en complément

Une fois les relais médicaux ou psychologiques contactés, un accompagnement jumeaux peut vous aider à clarifier ce qui vous épuise, organiser une aide concrète et alléger certains aspects du quotidien.

Les rendez-vous durent 2h et sont proposés à 95 €, en visio ou à domicile. Cet accompagnement ne remplace jamais une prise en charge médicale ou psychologique.

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