Maman de jumeaux devenue doula : mon histoire avec Twin Doula
Je ne suis pas devenue doula par hasard.
Mon chemin est passé par mes grossesses, mes accouchements, mes post-partums… et surtout par l’arrivée de mes jumeaux, Thomas et Théo.
Avant de devenir doula spécialisée dans l’accompagnement des familles de jumeaux, j’ai été cette maman qui découvre à l’échographie qu’il n’y a pas un bébé, mais deux.
J’ai connu le choc de l’annonce.
La joie.
La peur.
Les calculs logistiques.
Les rendez-vous médicaux.
La grossesse surveillée.
La néonatologie.
Le retour à la maison avec trois enfants en bas âge.
La fatigue.
L’amour immense.
Et cette sensation, parfois, de devoir tout comprendre et tout organiser très vite.
Si je raconte cette histoire aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour parler de moi.
C’est pour vous dire : je sais à quel point l’arrivée de jumeaux peut être bouleversante. Et je sais aussi à quel point on peut se sentir seule, même entourée.
C’est de là qu’est née Twin Doula.
🎧 Ce témoignage est tiré de l’épisode de podcast « Couches, Cafés et Confidences ». Pour découvrir son histoire complète et tous ses conseils pratiques, écoutez l’épisode sur Spotify.
Le jour où j’ai appris que j’attendais des jumeaux
Ma fille venait tout juste d’avoir un an quand nous avons décidé d’agrandir la famille.
Je suis tombée enceinte rapidement. J’allais à l’échographie de datation assez sereine, avec cette idée simple : nous allions accueillir un deuxième bébé.
Puis la sage-femme a regardé l’écran un peu plus attentivement.
“Attendez… je vois deux poches.”
Deux.
Il m’a fallu quelques secondes pour comprendre.
Deux bébés.
Des jumeaux.
Pas un deuxième enfant. Deux nouveaux bébés d’un coup.
Mon compagnon a cru à une blague quand je lui ai annoncé. Moi, j’étais à la fois sidérée, émue, paniquée et déjà en train de faire des calculs dans ma tête.
Comment allait-on faire avec trois enfants de moins de trois ans ?
Quelle voiture ?
Quelle poussette ?
Quelle organisation ?
Est-ce que mon corps allait tenir ?
Est-ce que les bébés iraient bien ?
Est-ce que j’allais y arriver ?
Je n’avais jamais particulièrement rêvé d’avoir des jumeaux. Et c’est important de le dire : on peut être heureuse d’une grossesse et avoir besoin de temps pour accueillir ce qu’elle change.
La joie n’efface pas le vertige.

Une grossesse gémellaire : beaucoup d’amour, mais aussi beaucoup de surveillance
Ma grossesse s’est globalement bien déroulée, mais elle a très vite pris une couleur différente de mes grossesses précédentes.
Une grossesse gémellaire, ce n’est pas simplement “une grossesse en double”.
C’est plus de rendez-vous.
Plus d’échographies.
Plus de surveillance.
Plus de questions.
Plus d’inconnues.
On apprend à vivre avec un suivi plus rapproché, des termes médicaux parfois nouveaux, des décisions à anticiper, des inquiétudes à apprivoiser.
J’ai dû réorganiser beaucoup de choses pendant cette grossesse :
- la voiture ;
- les chambres ;
- la poussette ;
- les sièges auto ;
- le budget ;
- le matériel ;
- l’organisation avec notre aînée ;
- l’aide à prévoir pour le retour à la maison.
Avec le recul, c’est l’une des premières choses que je dis aux futurs parents de jumeaux : n’attendez pas d’être au bout pour préparer l’essentiel.
Pas pour tout contrôler.
Mais pour alléger un peu la suite.
L’hospitalisation : quand on comprend qu’on ne maîtrise pas tout
Au cours de la grossesse, mon col a commencé à bouger.
J’ai été hospitalisée pour surveillance.
Même quand on sait que ce type de suivi peut faire partie d’une grossesse gémellaire, le vivre est autre chose.
On passe d’une grossesse “organisée” dans sa tête à une réalité plus fragile, plus médicale, plus incertaine.
On se demande :
- Est-ce que les bébés vont rester au chaud assez longtemps ?
- Est-ce que je vais rentrer chez moi ?
- Comment ça va se passer avec mon aînée ?
- Est-ce que je dois tout arrêter ?
- Qu’est-ce que je peux encore faire ?
Cette période m’a beaucoup appris.
Elle m’a appris que l’anticipation est utile, mais qu’elle ne protège pas de tout.
Elle m’a appris qu’on peut avoir besoin d’être rassurée plusieurs fois.
Elle m’a appris que les parents ne manquent pas seulement d’informations : ils manquent souvent d’un espace où déposer ce qu’ils vivent.
L’accouchement de mes jumeaux
Thomas et Théo sont nés à 35 SA + 4.
L’accouchement s’est bien passé, mais il ne ressemblait pas à l’accouchement très physiologique que j’avais pu imaginer.
Avec des jumeaux, il y a souvent plus de monde. Plus de protocoles. Plus de surveillance. Plus d’anticipation médicale.
Dans mon cas, il y avait une équipe élargie, une organisation très encadrée, et cette sensation de devoir accepter que la sécurité prenne beaucoup de place.
Mes garçons sont nés à quelques minutes d’écart.
Et très vite, ils sont partis en néonatologie.
C’est un moment qui marque.
Parce qu’on vient de donner naissance à ses bébés, mais qu’on ne les garde pas contre soi comme on l’avait imaginé.
On devient mère de jumeaux, et pourtant on doit déjà apprendre la séparation.

La néonatologie : l’épreuve que je n’avais pas anticipée comme ça
Après leur naissance, Thomas et Théo ont été hospitalisés ensemble en néonatologie.
Pendant les premiers jours, nous étions dans le même hôpital. Cela ne rendait pas la situation simple, mais au moins, nous étions au même endroit. Je pouvais aller les voir, suivre leur évolution, poser mes questions, essayer de créer du lien malgré le cadre médical.
Même quand tout se passe “bien”, la néonatologie reste une expérience particulière.
Il y a les machines.
Les horaires.
Les soignants.
Les informations à comprendre.
Le post-partum qui commence dans un contexte médicalisé.
Et cette sensation étrange d’être devenue maman, mais de ne pas pouvoir vivre les premiers jours comme on les avait imaginés.
À J+7, Théo a été transféré dans un autre hôpital pour des examens complémentaires.
Thomas, lui, n’avait plus besoin d’être hospitalisé. Nous sommes restés deux jours dans le premier hôpital, puis nous avons rejoint Théo. À partir de ce moment-là, Thomas faisait les allers-retours avec nous pour aller voir son frère.
Cette période a été très éprouvante émotionnellement.
Il fallait être présente pour Théo, continuer à s’occuper de Thomas, comprendre les informations médicales, gérer les trajets, récupérer physiquement de l’accouchement, et garder un lien avec notre fille à la maison.
C’est une forme de fatigue très particulière : celle qui mélange le corps, l’inquiétude, l’organisation, l’attente et l’impuissance.
Je crois que c’est là que j’ai compris profondément une chose : les parents n’ont pas seulement besoin qu’on leur dise “ça va aller”. Ils ont besoin qu’on reconnaisse ce qu’ils traversent, sans minimiser.
L’allaitement, le tire-lait et la réalité du terrain
L’allaitement en néonatologie n’a rien d’un long fleuve tranquille.
Il y a les horaires.
Les compléments.
Le tire-lait.
La fatigue.
Le stress.
Les quantités à surveiller.
Le corps qui récupère.
Les bébés qui ne sont pas toujours disponibles comme on l’avait imaginé.
Je me suis retrouvée à tirer mon lait, à essayer de maintenir la lactation, à composer avec les contraintes de l’hôpital et avec mes propres limites.
Cette expérience a beaucoup nourri ma posture aujourd’hui.
Quand j’accompagne des parents de jumeaux autour de l’alimentation, je ne pars jamais d’une idéologie.
Je pars de la réalité :
- vos bébés ;
- votre corps ;
- votre fatigue ;
- vos relais ;
- votre santé mentale ;
- votre histoire ;
- ce qui est possible pour vous.
Allaitement, biberon, mixte : l’objectif n’est pas de cocher une case parfaite.
L’objectif est que les bébés soient nourris et que les parents soient soutenus.
Le retour à la maison : trois enfants, deux bébés, une nouvelle vie à organiser
Après trois semaines, le retour à la maison a été un immense bonheur.
Et aussi un choc.
Nous rentrions avec deux bébés, une aînée encore toute petite, et une vie familiale à reconstruire entièrement.
Le quotidien avec des jumeaux, ce n’est pas seulement “faire deux fois”.
C’est penser :
- aux repas ;
- aux changes ;
- au sommeil ;
- aux pleurs simultanés ;
- au linge ;
- aux rendez-vous ;
- à l’aînée ;
- au couple ;
- à la maison ;
- à la récupération ;
- à la charge mentale.
Il a fallu trouver une organisation.
Pas une organisation parfaite.
Une organisation qui nous permette de tenir.
J’ai appris à préparer en avance.
À accepter de l’aide.
À baisser mes standards.
À privilégier l’essentiel.
À comprendre que parfois, une journée réussie, c’est simplement une journée où tout le monde a mangé, où les bébés ont été changés, et où on a tenu jusqu’au soir.
C’est aussi là que j’ai compris à quel point le soutien concret est important.
Pas seulement les messages gentils.
Pas seulement les visites.
Mais les repas, les relais, les courses, le linge, la présence qui soulage vraiment.
Ce que mes jumeaux m’ont appris

Devenir maman de jumeaux m’a appris beaucoup de choses que je n’aurais jamais apprises dans un livre.
J’ai appris que l’on peut aimer profondément ses enfants et trouver le quotidien très dur.
J’ai appris qu’on peut être forte et avoir besoin d’aide.
J’ai appris que l’organisation est précieuse, mais qu’elle ne suffit pas si les parents sont seuls.
J’ai appris que la prématurité, la néonatologie, l’allaitement, le post-partum et la fatigue ne se vivent pas seulement avec des conseils pratiques. Ils se vivent aussi avec un besoin immense d’écoute, de validation et de présence.
J’ai appris que les parents de jumeaux entendent souvent :
“Deux bébés, deux fois plus de bonheur.”
Mais qu’ils ont parfois besoin qu’on leur dise aussi :
“Oui, c’est intense. Oui, vous avez le droit d’être fatigués. Oui, vous avez le droit d’être accompagnés.”
Comment cette expérience a changé ma manière d’être doula
Mon vécu de maman de jumeaux ne remplace pas mes formations, ni les connaissances professionnelles que j’ai développées ensuite.
Mais il a profondément façonné ma posture.
Aujourd’hui, quand j’accompagne des familles de jumeaux, je fais très attention à :
- ne pas minimiser la fatigue ;
- ne pas donner de méthode toute faite ;
- ne pas vendre une organisation parfaite ;
- ne pas culpabiliser les parents ;
- tenir compte de la réalité médicale ;
- préparer le post-partum avant qu’il ne déborde ;
- aider à organiser les relais ;
- soutenir les choix autour de l’allaitement, du biberon ou du mixte ;
- rappeler que la santé mentale compte ;
- remettre de la clarté quand tout semble flou.
Je sais que chaque famille est différente.
Certaines grossesses gémellaires sont très médicalisées.
Certaines naissances passent par la néonatologie.
Certains parents ont beaucoup d’aide.
D’autres presque pas.
Certains veulent tout anticiper.
D’autres sont déjà épuisés quand ils me contactent.
Mon rôle n’est pas de vous dire quoi faire.
Mon rôle est de vous aider à faire le tri, à poser vos priorités, à comprendre vos options, à préparer l’organisation qui vous ressemble et à ne pas tout porter seule.
Pourquoi Twin Doula existe
Twin Doula est née de ce croisement entre mon histoire personnelle et mon engagement professionnel.
J’ai créé Twin Doula pour les parents qui attendent ou accueillent des jumeaux et qui se disent :
- “Je suis heureuse, mais j’ai peur.”
- “Je ne sais pas par où commencer.”
- “Je ne veux pas acheter n’importe quoi.”
- “Je veux préparer le post-partum, mais je ne sais pas comment.”
- “Je suis fatiguée avant même que les bébés soient là.”
- “Je ne veux pas me sentir seule.”
- “J’ai besoin qu’on m’aide à faire le tri.”
Je ne peux pas promettre une grossesse sans stress, un accouchement idéal ou un post-partum facile.
Mais je peux vous aider à traverser cette période avec plus de clarté, plus de soutien, plus d’organisation et moins de culpabilité.
Ce que j’aurais aimé qu’on me dise
Avec le recul, j’aurais aimé qu’on me dise :
Vous avez le droit d’être bouleversée par l’annonce.
Vous avez le droit de ne pas savoir immédiatement comment vous sentez.
Vous avez le droit d’avoir peur.
Vous avez le droit de poser mille questions.
Vous avez le droit de préparer tôt.
Vous avez le droit de demander de l’aide avant d’être épuisée.
Vous avez le droit de ne pas tout faire parfaitement.
Vous avez le droit de vivre la néonatologie comme une épreuve.
Vous avez le droit d’adapter vos choix d’alimentation.
Vous avez le droit de protéger votre post-partum.
Vous avez le droit d’être accompagnée.
C’est ce message que je veux transmettre aujourd’hui aux familles de jumeaux.
Vous attendez des jumeaux ou vous venez de les accueillir ?
Si mon histoire résonne avec ce que vous vivez — l’annonce, les questions, la fatigue, la néonatologie, l’organisation ou la peur de ne pas y arriver — vous n’avez pas à traverser cela seule.
En RDV visio jumeaux, on prend le temps de faire le point sur votre situation :
- vos questions ;
- vos inquiétudes ;
- votre organisation ;
- votre grossesse ou votre post-partum ;
- vos choix autour de l’alimentation ;
- vos relais ;
- vos priorités des prochaines semaines.
L’objectif n’est pas de vous donner une méthode toute faite.
L’objectif est de vous aider à retrouver de la clarté et à avancer avec un plan réaliste, adapté à votre famille.
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Avec douceur,
Laure, doula spécialisée jumeaux, maman de Thomas et Théo, et fondatrice de Twin Doula
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